Ce qui rassure un enfant

Mon épouse m’a fait remarquer une habitude de langage anodine et qui, in fine, s’avère totalement insécurisante pour l’enfant. Elle naît pourtant d’une bonne intention au départ, puisque l’adulte semble vouloir respecter le petit en face de lui, mais en réalité, elle produit tout l’effet contraire. Ecoutez les parents de jeunes enfants autour de vous. On dirait que les parents aujourd’hui n’osent plus affirmer une chose, et encore moins terminer une phrase sans en élever l’intonation.

Ainsi, avais-je pris l’habitude de terminer mes phrases par un « d’accord ? » rempli de tendresse pour mon enfant.

– Allez, viens. On va ranger tout ça et ensuite on s’habille pour aller en ville chercher un cadeau pour Mami, d’accord ?

Mais vu de l’extérieur, il y a là un problème : je transférais mon pouvoir décisionnel à l’enfant. A présent, c’était lui qui décidait si nous allions faire telle ou telle chose. Par ce petit mot, je perdais mon rôle de père. Quand mon épouse me l’a fait remarquer, je ne l’ai pas accepté.

– Arrête de demander si elle est d’accord ou pas. Ce n’est pas elle qui décide !

– Mais ce n’est pas elle qui décide ! Je souhaite juste l’impliquer !

En fait, je sentais qu’elle avait raison, mais je n’osais me l’avouer. Je ne savais pas pourquoi je ponctuais mes phrases d’interrogation en tout genre.

J’ai alors commencé à observer : moi d’abord, mais aussi tous les parents que je rencontrais. Et quelle surprise ! Je n’étais pas le seul à laisser en suspend mes phrases.

– Tu veux bien rester sur la table d’auscultation ?

– On va laisser entrer le chat et lui donner à manger, qu’est-ce que tu en penses ? Hein ?

– Ah !? La couverture. Tu ne veux pas la couverture ?

– Viens, tu mets tes chaussures ?

Certains parents ont même complètement transformé leur mode familial en hôtel. Ils étaient au service de l’enfant, comme dans un hotel 3 étoiles. Comment en étaient-ils arrivés là ?

Comment certains parents ont transformé la maison familiale en hôtel 3 étoiles pour leur enfant ?

Ils ont peur de frustrer l’enfant.

L’état d’anxiété impacte négativement le psychisme de l’enfant et le handicap à l’école et lorsqu’il essaye de faire d’autres activités.